Libération 26/09/91
Les quatre mois qui viennent de s'écouler ont dû paraître bien long à C.L.F. Depuis le 4 juin, elle tenait seul le café familial
de Loyat, près de Ploërmel, et s'occupait de ses trois enfants. Elle rendait aussi visite à son mari Gilbet, 37 ans, hospitalisé à la suite d'un « accident ». De jour en jour, elle
pouvait suivre les progrès accomplis par son époux au centre de rééducation de Kerpape. Coma provoqué puis paralysie partielle qui le prive de parole. Enfin, la semaine dernière, Gilbert est
parvenu à articuler quelques phrases bien distinctes. Ce fut pour demander la gendarmerie. Et raconter que Colette avait tenté de l'envoyer ad patres...
Maria et moi même, vivions dans un petit patelin calme entouré de nos enfants et nos amis. Nous tenions un café que
j'avais hérité de mes parents. Nous étions heureux enfin, c'était mon avis...
Je me souviens de cette journée comme si c'était hier. Un jour, je me suis réveillé à l'hopital incapable de marcher et ni même de parler... J'entendais et comprenais tout ce qu'on me disait,
j'étais paralysé.
Les medecins m'ont dit "Vous avez eu un accident, nous allons vous guérir, mais il faudra du temps". A mes côtés, je
vis mes enfants, et puis ma femme, je me suis d'abord demandé comment allait elle faire sans moi pour tenir le café mais je savais que c'était une femme courageuse et puis en croisant son regard
je me suis souvenu.. de tout !
L'escaliers, un soir très tard, les enfants absents.. TOUT ! Elle n'était pas au courant, mais je me souvenais de tout.
Et dans son sourire, je pouvais apercevoir cette haine qu'elle avait depuis toujours. Elle mentais tellement bien, les gens autour d'elle devait la plaindre et c'est surtout ce qu'elle voulait.
Maria, a toujours été une femme exemplaire, dans notre village tout le monde l'a connaissait et elle était si gentille que personne n'aurai pu soupsonner ne serait-ce qu'une seule seconde qu'elle
avait tenté de me tuer. Bien evidemment, je rentrais dans son jeu, je lui faisais comprendre que j'étais heureux qu'elle soit la à mes côtés. Une fois de plus, elle assurait son rôle de femme
"parfaite" auprès de nos amis et de notre famille. Et par ses regards, j'arrivais à comprendre ses pensées, elle me haissait ! C'était le début de 4 mois de souffrance en silence, mais je me suis
promis que mes premiers mots serait pour la dénoncer et détruire cette image que les gens avait d'elle pour que enfin son vrai visage soit révélé au grand jour !
Marine Le Goudiveze.
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